Vaulx-en-Velin, un plan territorial exemplaire

La LICRA Auvergne Rhône-Alpes a tenu mercredi 16 mai son assemblée générale annuelle en présence de plus de 80 adhérents réunis autour d’Alain Blum, son président, de Mario Stasi, président de la LICRA et d’Ari Sebag, secrétaire général. Cette réunion statutaire avait également pour objet de dresser le bilan du plan territorial de lutte contre le racisme et l’antisémitisme porté par la LICRA et la mairie de Vaulx-en-Velin, en présence d’Hélène Geoffroy, maire de la ville et ancienne secrétaire d’Etat à la ville.

Le premier plan territorial de lutte contre le racisme et l’antisémitisme a été lancé avec la Mairie de Vaulx-en-Velin à la suite de propos communautaristes et antisémites tenus par un adjoint au Maire de Vaulx-en-Velin. La Licra s’est mobilisée pour trouver avec Hélène Geoffroy et son équipe municipale les moyens de faire reculer le racisme et surtout l’antisémitisme. Certains auraient préféré une action judiciaire éclatante, la LICRA choisi d’expérimenter une voie plus militante, proche de la population, un travail de terrain pour agir dans la proximité.

L’antisémitisme n’est pas le fait de personnes isolées ou de dérives récentes et des phénomènes sont à l’oeuvre dans cette ville sur la longue durée : Vaulx-en-Velin a vu se réduire le nombre de familles juives à la suite de multiples violences subies, sans réactions courageuses des mandatures précédentes. 178 familles juives vivaient à Vaulx-en-Velin dans les années 80 ; elles sont moins d’une quinzaine aujourd’hui. Deux constats se sont imposés :  faire reculer les préjugés antisémites et racistes est un objectif ambitieux, de longue haleine, d’où le projet d’un plan d’au moins trois ans ; rassembler les forces antiracistes et les compétences est indispensable pour garantir une démarche rassembleuse contre les préjugés et les discours de haine.

Le plan territorial de Vaulx en Velin de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations a soufflé sa 2ème bougie en 2016.Le plan évolue en impliquant les habitants avec le 1er appel à projet municipal à destination des associations vaudaises et collectifs d’habitants, lequel a permis ainsi d’allier l’expertise des acteurs extérieurs avec les forces vives de la commune. L’objectif de la mairie et de la LICRA a été d’apporter une réponse globale, sur tous les fronts : interventions dans le milieu sportif, travail d’éducation dans les établissements scolaires de la ville, travail avec les associations locales au contact de la jeunesse, actions culturelles, réinvestissement de l’histoire et du travail de mémoire auprès des habitants de la commune, travail étroit avec la mission locale, formation des personnels municipaux au Camp des Mille. Des axes de travail pilotés à l’origine étroitement entre Patrick Kahn au titre de la LICRA et les équipes de la ville de Vaulx-en-Velin.

Mario Stasi a félicité la section de Auvergne Rhône Alpes en raison de l’approche innovante qu’elle mène a Vaulx-en-Velin et appelé, avec Alain Blum, à un essaimage de ce travail dans d’autres villes. A telle enseigne que la DILCRAH souhaite s’inspirer de ce modèle pour l’expérimenter dans d’autres territoires à enjeux.

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