Appel à militants de la Licra Auvergne Rhône-Alpes

A l’occasion du rassemblement en hommage à Mireille Knoll qui se tenait à Lyon mercredi soir, la LICRA Auvergne Rhône-Alpes a distribué un tract pour sensibiliser les participants aux enjeux de la lutte contre l’antisémitisme. Près de 800 personnes étaient présentes à cette marche. Vous trouverez ci-dessous le texte de ce tract.

 

 

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Depuis des années nous protestons contre les violences antisémites et depuis des années nous sommes consternés, meurtris, indignés quand l’antisémitisme tue à nouveau dans notre pays. Rappelons-nous Ilan Halimi, Jonathan Sandler et ses fils Gabriel et Aryeh, Myriam Monsonégo, François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, Sarah Halimi et vendredi dernier Mireille Knoll.

Mais dénoncer cette barbarie ne saurait nous suffire, nous avons besoin de nous attaquer aux causes et aux conséquences de l’antisémitisme.

Nous connaissons les idées qui nourrissent les causes de l’antisémitisme :

–  d’un côté, celles des partisans d’une race supérieure qui désignent les autres comme les responsables de tous les problèmes. Ce sont toujours l’extrême-droite, le Front National, le Bastion Social (ex GUD)… qui désignent les juifs, les arabes, les noirs, les étrangers comme les « boucs émissaires ». Si l’extrême-droite ne tue plus aujourd’hui, leur venin est toujours puissant comme en témoigne leurs diatribes sur les réseaux sociaux,

–  d’un autre côté, celles des islamistes radicaux et en particulier des salafistes, qui veulent imposer leur vision de l’islam, au-dessus des lois de la République. Ils propagent leur antisémitisme en utilisant le plus souvent le paravent de l’antisionisme et leur refus du droit à l’existence de l’état d’Israël. Ce sont eux aussi qui arment les bras de ceux qui tuent.Face à ces dangers qui se propagent dans le monde, il faut commencer par une parole et une action forte et continue des Pouvoirs Publics. Ils ont la responsabilité de la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme. Si le précédent gouvernement avait annoncé un plan ambitieux contre ces fléaux, force est de constater que les moyens n’ont pas suivi et de ce fait, les efforts de la société civile n’ont pas été soutenus comme nécessaire.Quant aux conséquences nous les vivons tous les jours :

–  que ce soit dans notre permanence d’accueil des victimes : là une croix gammée sur le siège d’un employé ou sur un colis, ailleurs des emballages de produits cachers déposés sur le palier d’habitants juifs, un lieu de culte juif que l’on veut faire expulser, une kippa que l’on arrache, les insultes lors d’un match du Maccabi, tous les propos qui commencent par « vous les juifs… »,

–  lors de la centaine d’interventions en milieu scolaire que nous organisons chaque année avec les équipes pédagogiques. Quand les adolescents nous testent et veulent entendre nos arguments, nos émotions, face à des « blagues », des propos antisémites et racistes. Et cette phrase qui tourne en boucle dans nos têtes « moi Madame, je suis antiraciste, mais je n’aime pas les juifs et vous ne me ferez pas changer d’avis ! ». Avec les enseignants, nous voyons d’abord une enfant en construction, dont l’avenir peut être ruiné si, ensemble, nous ne sommes pas à la hauteur d’un tel défi.

71 % des Français pensent qu’« une lutte vigoureuse contre le racisme est nécessaire en France ».

Nous faisons partie de ceux-là, avec une conviction héritée de nos anciens, il faut lutter contre toutes les formes de racisme et refuser de morceler les combats par « communauté » : comme les juifs défendent les juifs ; les noirs, les noirs ; les arabes, les arabes….

Mais nous sommes trop peu nombreux à agir contre les conséquences de l’antisémitisme et du racisme dans la vie quotidienne :

–  trop peu nombreux pour encourager les victimes à porter plainte, trop peu nombreux pour obtenir réparation (symbolique) de ces délits de la vie quotidienne, trop peu nombreux pour que les délinquants se sentent sous surveillance,

–  trop peu nombreux pour agir au niveau nécessaire dans les établissements scolaires, dans les entreprises, dans le sport, dans les « ghettos » où sévissent les salafistes.

C’est pourquoi nous avons besoin de vous, de vos idées, de vos propositions pour être plus efficaces et plus nombreux dans ces combats.

Même si vous hésitez, venez nous rencontrer, venez discuter. Prenez rendez-vous pour vous faire connaître et envisager comment vous pouvez participer à ce combat qui est aussi le vôtre.

Licra Auvergne Rhône-Alpes – Courriel : licra-aura@licra.org et @LicraAuvergneRhoneAlpes

Tract Licra Marche Blanche

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