Licra Touraine : « Ce n’est toujours pas facile de balancer son raciste… »

Ici aussi, les actes de racisme, de xénophobie ou d’antisémitisme sont une réalité. Mais c’est très rare qu’ils soient suivis de dépôts de plainte.

En ce 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale et au surlendemain du nouveau plan gouvernemental de lutte contre le racisme, dévoilé lundi par le Premier ministre Édouard Philippe, qui osera témoigner d’avoir été victime d’un acte raciste, xénophobe, antisémite, homophobe ? A l’heure où l’on balance son porc, on hésite toujours à désigner son raciste.

Ce que confirme Martine Strohl, présidente de la Licra Touraine (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) : « Les actes racistes, antisémites, homophobes ou xénophobes existent toujours, mais les plaintes sont très rares, voire inexistantes. Parce que les victimes sont frileuses, qu’elles sont aux abois, qu’elles manquent de témoignages. »

Discriminés au moment de trouver un emploi ou un logement

La Licra a beau mettre à la disposition des éventuelles victimes des avocats bénévoles, «au final, les gens n’osent pas donner de suite judiciaire à ces actes », soupire Martine Strohl. Alors qu’elle constate « régulièrement,dans nos interventions à la protection judiciaire de la jeunesse, que des jeunes sont victimes de racisme, dans leurs loisirs, à l’école, au travail. Eux-mêmes admettent souvent être racistes aussi, d’ailleurs Voilà pourquoi notre rôle de prévention est très important. »

Président départemental de SOS RacismePierre Nzinda déplore le même phénomène. « Les gens n’osent pas porter plainte, ils pensent que la procédure va durer longtemps, leurs témoins se défilent… Pourtant, les manifestations d’actes de racisme existent toujours, particulièrement en deux circonstances : au moment de trouver un emploi ou un logement ! »
Le racisme chez les jeunes aussiD’où les actions de sensibilisation dans les établissements scolaires que mène son association, depuis l’école primaire jusqu’à l’université. « Ainsi que dans le milieu professionnel, à la demande des chefs d’entreprise, souligne Pierre Nzinda. Les cas de discrimination sont flagrants dans le monde du travail ; ça commence dès l’embauche, ou lors des demandes de stages ; ça se poursuit au niveau de l’avancement… »

Ce mercredi 21 mars, à 10 h, aura lieu l’inauguration de la plaque commémorative « à la mémoire des hommes des colonies françaises des cinq continents », place de Sainte-Radegonde à Tours. Cette plaque, initiée en 2009 par la Licra Touraine et la Ville de Tours, avait été dérobée en 2015.

Source : La Nouvelle République

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