La LICRA Agen s’insurge contre les fantômes de la Collaboration

Merci à Jean Rodgold de la section d’Agen d’avoir alerté le siège et à la commission MHDH sur  le problème ayant surgi à Miramont de Guyenne, petite commune du Lot et Garonne. Le maire de Miramont a en effet fait approuver par son conseil municipal la décision de baptiser une rue du nom de Louis Heurtaux. Ce dernier avait été nommé maire en 1940 sur recommandation de la Légion des volontaires français, instance maréchaliste s’il en fut, et il l’est resté jusqu’à sa mort en 1945.  On ne voit pas, en dépit de quelques explications embarrassées de M. Laplanche, maire actuel de Miramont, que Louis Heurtaux, serviteur  de Vichy le jour, ait été, à l’instar du « père tranquille » inoubliablement incarné dans le film de René Clément par Noël Noël, un héros de la Résistance la nuit..

Sur ce type de cas, l’attitude recommandée par la commission MHDH est d’engager le dialogue avec les municipalités concernées, et non d’accaparer le rôle discutable d’une « police de la pensée » A Miramont il s’agit non de débaptiser mais de nommer une voie nouvelle : nous conseillons donc d’engager avec la mairie une discussion, et sans faire inutilement le procès de Louis Heurtaux de faire valoir qu’il serait d’un très mauvais effet pour la municipalité d’inscrire au tableau d’honneur de la nation une personnalité ayant servi, selon toute apparence, un régime de la trahison, le régime qui a mis en place le statut des Juifs et permis les rafles.

Et puisqu’il s’agit pour la commune de donner à une nouvelle rue le nom d’un de ses enfants, elle a la chance d’avoir d’autres noms moins discutables à sa disposition, comme celui de Guy Casaril, né à Miramont en 1933, mort en 1996, cinéaste et écrivain, auteur entre autres de PItchi(Poï ou la parole donnée et de Rabbi Siméon bar Yochai et la cabbale.; ou encore du général-député Jacques Delmas de Grammont (1795-1862) décédé à Miramont et auteur de la première loi sanctionnant la violence envers les animaux. Pour de telles personnalités la Licra pourrait même déléguer des représentants à l’inauguration afin de saluer la décision de la mairie.

La municipalité a pour l’instant suspendu l’exécution de la décision. Nous sommes persuadés qu’une discussion rationnelle et argumentée devrait emporter la conviction sans qu’il soit besoin de recourir à une contrainte légale ou administrative. Affaire importante, à suivre.

Alain David, Président de la commission Mémoire, Histoire, Droits de l’Homme de la LICRA

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