Retour sur La Licra Forez et son action en direction de jeunes placés par la Justice

La maison d’enfants Jean-Baptiste d’Allard à Montbrison, anciennement Providence de Rigaud, existe depuis plus de 170 ans. C’est donc un lieu chargé d’histoire, un lieu qui parle de l’enfance…La maison d’enfants est habilitée à recevoir des mineurs et jeunes majeurs des deux sexes âgés de 6 à 21 ans, confiés par l’autorité judicaire. Ses éducateurs ont contacté Chantal Petri, Présidente de la Licra Forez pour intervenir dans le cadre d’un projet éducatif autour d’un film « Bienvenue à Marly Gaumont », l’aventure d’une famille de médecin originaire du Congo qui est brusquement parachutée dans la France Profonde, dans une campagne reculée du centre de la France et en but au racisme le plus basique qui soit, disons un racisme à fleur de peau.

Nous avons d’abord rencontré les éducateurs pour connaître précisément le public auquel on s’adressait, les intentions pédagogiques et le cadre de notre intervention .

Il s’agit à travers des films ou des interventions de personnes extérieures à l’établissement, d’aborder des problèmes de société et de s’ouvrir aux autres .
Le contact a été chaleureux et ouvert .

Rendez-vous a été pris pour le 9 novembre en soirée de 19h à 22h .Nous avons au préalable fourni par mail un travail filmographique, des notes autour de la notion de discrimination et de préjugé, des informations sur le caractère pénal des actes ou paroles de rejet de l’autre .

Jeudi 9 novembre vers 18h nous avons été bien accueillis par les éducateurs et une quinzaine d’enfants et adolescents dont l’âge s’échelonnait entre 10 et 15 ans . Nous avons visionné le film tout en prenant avec eux le repas du soir comme pourrait le faire une grande famille autour de son poste de télévision qui sur le canapé ,qui à plat ventre et grignotant sa part de pizza.

Au dessert, le film visionné, cette fois autour de la table , un débat s’est ouvert .

forez

La première réflexion qui nous fut faite c’est que ce regard d’exclusion, ils y étaient sensibles dans leur vie quotidienne à l’école ou au collège puisqu’ils ne sont pas « des enfants comme les autres » car ils vivent avec la pancarte « Maison d’enfants » et donc on présuppose déjà les drames sociaux qu’ils représentent …Ils se sentent à part .
Le deuxième thème fut celui du harcèlement qui pouvait en découler de « plaisanteries » autour de l’aspect physique ou le port des vêtements . Là, on aborda leur vie quotidienne en cours ou à la maison d’enfant, les éducateurs intervenant avec des exemples concrets de leur vie quotidienne.

On aborda alors la souffrance qui pouvait naître de ces situations banales où chacun pouvait être tour à tour victime ou bourreau . On aborda aussi l’aspect pénal que constitue la discrimination .
Ensuit ce fut l’occasion de découvrir à travers le film, ce qu’était l’intégration dans un village français , le marché, le bistrot, l’alcool, les fléchettes, la belote , le football, le 1er rhume, et le choc des cultures si différentes, la gentry congolaise et le paysan de base , miroir inversé d’une situation plus commune , la bonne portugaise et sa riche patronne .

Peut-on être aussi « français » sans cela ? Faut-il abandonner sa propre culture pour s’intégrer parfaitement ? Pense-t-on lorsqu’on souffre de blagues racistes comme Kamini , on doit réagir comme le père Seyolo avec son passé d’orphelin : «T’as à manger, un toit, des habits, même si tu te fais traiter de noir et de bamboula à l’école primaire, c’est pas un problème !!!  »
La difficulté avec ce groupe était surtout sa disparité d’âge mais les enfants ont réagi avec cœur et se sont montrés coopératifs pour des adolescents d’habitude peu enclin à la prise de paroles .
Il était l’heure d’aller se coucher, les enfants comme une grande famille nous ont fait la bise et sont rentrés dans leur cadre privé .

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