Le racisme : de l’opinion au délit, que peuvent la justice et chaque citoyen ?

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Mardi 31 octobre, Narjesse l’animatrice jeunesse du Centre social Levy nous attendait avec 17 adolescents, âgés de 15 à 18 ans, pour une séance sur « le racisme n’est pas une opinion mais un délit », dans le cadre d’un projet plus large mené sur le thème des peines, des délits et du fonctionnement de la justice.

Eric, bénévole de l’accueil des plaignants et Guy, de l’éducation, ont entamé les échanges avec les jeunes en partant d’un 1er cas concret reçu il y a quelques années par la section lyonnaise. Malik travaille pour une collectivité locale, ses collègues tiennent des propos racistes à l’égard des Roms, il s’oppose à ses propos et naît alors une violente altercation, il est frappé, les témoins ne veulent pas témoigner.

Etonnements sur le classement sans suite de l’affaire, faute de témoins, les jeunes conviennent qu’ils auraient réagi comme Malik et n’aurait pas laissé faire. Certains hésitent sur un éventuel témoignage, tout dépend du contexte…

2ème cas concret : M. Akpa, la soixantaine, de couleur noire se rend à la buvette au cours d’une fête de village dans les Monts du Lyonnais. Il est passé à tabac par une bande de jeunes fascistes qui voulaient « se faire un noir ». Dépôt de plainte, au final seul un jeune est présent le jour du procès et condamné. Les jeunes sont interloqués de la faible peine et ne comprennent pas pourquoi les autres n’ont pas été poursuivis par la justice.

Ces cas concrets avaient pour objectif de susciter les échanges, de libérer la parole sur leurs propres expériences du racisme et de l’antisémitisme, en tant que témoin ou victime. Quelques-uns seulement ont pris la parole, pour banaliser l’insulte raciste, « c’est pour rire », mais hésitent en disant que tout dépend de qui vient l’insulte. Ils n’admettent pas que cette insulte raciste peut faire mal…

Le tour de table de fin visait à donner la parole à chacun sur leur propre positionnement : que peuvent-ils faire à leur échelle et ont-ils des questions, remarques ?

« il faut réagir et pas laisser faire sinon ça continuera » ; « s’il y a possibilité de réagir, faut réagir, car y a la loi » ; « prendre position d’un côté ou de l’autre » ; « défendre ses droits et la liberté de l’autre » ; « je comprends pas les racistes, on peut pas les raisonner les racistes » ; « prendre parti pour la victime », « soutenir la victime, lui parler ».

Le message visait bien à leur montrer qu’il ne faut rien laisser passer et qu’ils ont leur propre responsabilité individuelle et que la loi est là autant pour condamner que pour protéger, mais elle ne peut pas agir seule.

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