LICRA Lyon : Échanges sur le thème : « Combattre le racisme et l’antisémitisme : que les antiracistes fassent entendre leur voix ! »

Quelques membres de la Licra Rhône-Alpes avaient rendez-vous, mercredi 12 avril, avec des habitants de Vaulx en Velin, pour échanger spécifiquement sur l’antisémitisme.

L’échange et la découverte de l’autre étaient au cœur de cette rencontre. Les familles juives ayant progressivement quitté la ville, les jeunes Vaudais ont grandi sans fréquenter d’enfants puis de jeunes juifs. Le Lieu écoute et Framéto nous ont accueilli pour nous permettre de questionner la présence-absence des juifs dans le quotidien des vaudais ainsi que l’antisémitisme.

Nathan Amouyal, 27 ans, sollicité par la Licra, est venu témoigner. Qui est-il, quel est le parcours de sa famille, juive d’origine marocaine, comment conçoit-il son identité et son appartenance française et juive. Et puis surtout, la raison de sa présence en tant que témoin, devant les vaudais. « je suis comme vous, je suis français, c’est juste que je vais à la synagogue pour les fêtes ». Une adolescente s’interroge « c’est quoi une synagogue ? ».

Pourquoi n’y a-t-il quasiment plus de juifs à Vaulx en Velin ? « ils sont partis vivre à Villeurbanne,[…] pour être entre eux, en communauté, […] ces gens-là, […]peut-être pour des raisons de sécurité ». Un membre de la Licra rebondit : « vous croyez que tous les juifs vivent en communauté ? », réponse en chœur, presque à l’unanimité « ben oui ». Nouvelle question de la Licra « A quoi on reconnaît un juif, pour vérifier qu’ils vivent bien tous en communauté ? », réponse d’un habitant « la kippa ». Nathan répond qu’il ne porte pas de kippa en dehors des lieux de culte, impossible donc de le reconnaître. Finalement, le doute semble s’installer, effectivement, si on ne peut pas tous les reconnaître, peut-être qu’il y a autour de nous des juifs qu’on ignore et qui ne vivent pas en communauté.

Et puis de nombreux témoignages des vaudais, âgés en moyenne d’une quarantaine ou cinquantaine d’années, qui regrettent la présence de ces voisins, amis ou collègues de travail juifs, qu’ils côtoyaient tous dans leur jeunesse. Alors Abdallah Mezgueldi, 50 ans, militant de la Licra intervient et raconte que les juifs séfarades vivaient au Maghreb avec des musulmans, des espagnols, etc. Il raconte nostalgique, il y a quelques décennies, « on ne se demandait pas qui était juif ou chrétiens ou autre », il confie qu’il est inquiet et parfois pessimiste. Et que ce soir, à écouter tous ces témoignages, il est venu prendre une bonne dose d’optimisme.

Damien Labas, notre partenaire du Lieu écoute clôture en rappelant à tous, qu’effectivement, nous sommes entre convaincus du vivre-ensemble, comme Nadia[1] 11 ans qui s’exclame que c’est nul car il n’y a que des musulmans dans sa classe et qu’avec des juifs ce serait mieux. Les convaincus de ce soir doivent parler autour d’eux et faire venir, le 10 mai à la prochaine séance « racisme et antisémitisme », ceux qui ne le sont pas.

Point d’angélisme, la réalité n’est pas toujours à l’image de cette vérité d’un soir, mais nous œuvrons tous, pour que les convaincus de l’antiracisme prennent la parole et fassent entendre leur voix, pour couvrir celle des extrémistes de tout bord. A cette seule condition, nos valeurs seront entendues.

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