Licra Agen : les témoignages poignants de Jean Rodgold et Josette Cohen-Addad, enfants cachés durant la Seconde Guerre Mondiale.

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Selon l’article du Petit Bleu d’Agen

«Pourquoi on vient chacun raconter notre histoire ? Pour que ça ne vous arrive pas.» Jean Rodgold et Josette Cohen-Addad, ce mardi 22 novembre, à l’initiative de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) témoignent de leur vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Les élèves de troisième et seconde TCI (technicien chaudronnerie industrielle) et 1re TCI écoutent avec intérêt. Mémoire intacte.

Le témoignage de Jean Rodgold est bouleversant lorsqu’il raconte cette période de l’Histoire. Il n’a rien oublié de ce moment, où il a vu son père partir pour les camps d’internement. Période pendant laquelle, enfant, il a été obligé de se cacher parce qu’il était juif. «Quand on est seul chez quelqu’un, ce n’est pas facile», lâche-t-il devant les élèves de cette classe de 3e, attentive et concentrée. Il raconte comme si c’était hier et n’oublie rien de son enfance.

Pour Josette Cohen-Addad, (née en 1936), son quotidien est différent. Mais elle aussi fait face à l’antisémitisme. Elle raconte alors que pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était en Algérie. «J’ai été renvoyée de l’école parce qu’on faisait croire que les juifs étaient porteurs de poux, ce qui n’est pas vrai. C’était pour nous éliminer. La solidarité entre nous et les instituteurs nous a permis de nous retrouver derrière la synagogue où se sont formées quelques classes. Les enseignants ont ainsi pu continuer à nous dispenser des cours».

Fierté

Sur le territoire français, Jean Rodgold et sa famille font face aux lois antisémites et les lois de Vichy où ce 25 septembre entre en vigueur la loi imposant aux juifs de se déclarer. «C’était un acte volontaire. J’entendais mes oncles et cousins discuter s’ils devaient y aller. Ils y sont allés parce que nous sommes fiers d’être juifs. Il n’y a pas de raison qu’on se planque et ce n’est pas pour répondre à la loi», dit-il avec force. Avec des documents à l’appui, poignants comme cette lettre de «mon papa envoyée à maman, le 27 mai 1944» ne peut laisser indifférent. C’est bien pour lutter contre l’indifférence, contre le racisme et l’antisémitisme qu’avec Josette Cohen-Addad, ils poursuivent inlassablement leurs témoignages en milieu scolaire.

Projet interdisciplinaire

La venue de Jean Rodgold et Josette Cohen-Addad dans le lycée professionnel Jean-Monnet n’est pas le fruit du hasard. C’est à la suite d’un projet d’une classe de 3e ayant étudié en classe la bande dessinée «L’Enfant cachée» de Marc Lizano, Loïc Dauvillier et Greg Salsed, évoquant l’histoire d’une petite fille juive cachée pendant la Seconde Guerre mondiale, que les deux témoins, avec la Licra 47, sont venus témoigner», explique Elisabeth Perraudin, documentaliste de l’établissement.

Pour l’enseignant Nasser Menni, l’intérêt est aussi de voir des professeurs de matières différentes travailler ensemble dans le cadre des EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires). C’est ce qu’ont fait les professeurs d’histoire géographie, de français et d’anglais (Céline Gavin, Isabelle Sottil, Nathalie Santos et Laëtitia Bessa).

Il est à noter qu’une classe de 3e a en plus étudié le livre en version anglaise. Des élèves se sont portés volontaires pour rédiger un article dans le journal du lycée.

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